J’ai recueilli un homme âgé que j’ai trouvé dans une station-service, vêtu d’un peignoir — ses enfants ont été stupéfaits par son dernier testament. Je m’appelle Mathieu, j’ai 30 ans et je suis policier. J’ai déjà vécu beaucoup de situations difficiles dans ce métier, mais rien ne m’avait vraiment préparé à ce jeudi-là. Je rentrais chez moi après une garde de nuit éprouvante, complètement épuisé, quand je me suis arrêté à la station-service de la rue principale pour prendre… En voir plus

Un thé chaud, un prénom… et une histoire qui se fissure

À l’intérieur, je lui ai pris un thé chaud, on s’est assis à l’écart, loin des regards. Il s’appelait Henri. Par bribes, son histoire est sortie : une mémoire qui se défile par moments, des confusions qui apparaissent comme des trous dans une route familière. Ce matin-là, il avait “rejoué” un souvenir : la station-service où il s’arrêtait avec elle, le dimanche, comme avant. Il cherchait l’endroit… et il cherchait surtout quelqu’un.

Je lui ai demandé s’il avait de la famille. Il a sorti un petit carnet usé, avec des numéros griffonnés. Et moi, naïvement, je me suis dit : bon, ses enfants vont venir, évidemment.