J’ai recueilli un homme âgé que j’ai trouvé dans une station-service, vêtu d’un peignoir — ses enfants ont été stupéfaits par son dernier testament. Je m’appelle Mathieu, j’ai 30 ans et je suis policier. J’ai déjà vécu beaucoup de situations difficiles dans ce métier, mais rien ne m’avait vraiment préparé à ce jeudi-là. Je rentrais chez moi après une garde de nuit éprouvante, complètement épuisé, quand je me suis arrêté à la station-service de la rue principale pour prendre… En voir plus

 

Le coup de fil qui vous donne froid au cœur

Au téléphone, la réponse a été tout l’inverse. Agacement, distance, phrases coupantes : “on est occupés”, “on ne peut pas gérer”, “trouvez-lui un établissement”. Comme si Henri était une corvée, un meuble encombrant qu’on déplace d’une pièce à l’autre.

J’ai raccroché avec la sensation étrange d’avoir reçu une claque pour lui. Et quand Henri m’a demandé, avec un espoir presque enfantin, si ses enfants arrivaient… je n’ai pas eu le courage de lui dire la vérité.

Alors j’ai fait la seule chose que je pouvais faire : je l’ai ramené chez moi.

Accueillir quelqu’un, ce n’est pas “sauver” : c’est faire une place

Chez moi, il y a mon fils, Lucas, et ma mère, pilier du quotidien. Rien de grand, rien de parfait. Mais il y a de la chaleur. Au début, c’était censé être temporaire. Sauf que Henri a doucement pris sa place, sans bruit, comme une plante qu’on pose sur un rebord de fenêtre et qui finit par faire partie du décor.